
49ème

Suite à l’arrêté préfectoral paru le 4 août 2026 et l’arrêté municipal en date du 5 août 2026 la tenue de la 49e Hestejada de las arts qui devait se dérouler du 17 au 22 août est interdite dans le village d’Uzeste. (cf pièces jointes)
Cette décision est brutale. À quelques jours de l’Hestejada, l’ordre est donné de barricader Uzeste : qu’aucune vie n’y soit possible, aucune rencontre, aucune socialité sinon celles des cérémonies catholiques.
Au-delà d’Uzeste comment garantir, dans les années et les décennies à venir, le droit
fondamental des presque 654 000 hommes et femmes (plus d’un.e girondin.e sur trois !)
vivant dans les 159 communes à majorité forestière visées dans l’arrêté préfectoral, à
s’épanouir par un accès de proximité aux cultures, à l’art, à la réflexion, à la critique, aux
débats, aux rencontres…
Un arrêté préfectoral qui interdit de façon générale toute manifestation culturelle dans les « espaces exposés des communes à dominante forestière » définis de façon très large et un arrêté municipal qui interdit de façon générale « tout rassemblement et toute manifestation sur tout le domaine public du territoire d’Uzeste » ne sont pas de nature et ne seront jamais de nature à garantir ce droit.
Le village est-il dépossédé d’une partie de lui-même. Ce n’est malheureusement pas la première fois en 49 ans ! Une cancel culture préfectorale ?
Il ne faut pas se tromper : derrière l’argument « rationnel » de la sécurité se dessine une politique. Quand L’État sait toujours ce qu’il faut faire, indifférent à ce qui vient d’en bas ? Le peuple est à ses yeux irresponsable, ignorant ?
Ces dernières semaines ont été éprouvantes dans la fumée des feux et l’inquiétude pour les terres voisines. Nous avons fait de nombreuses propositions, bien conscients qu’il fallait adapter l’Hestejada. Il semblerait qu’aucune n’ait été réellement étudiée. Par exemple nous avons proposé un protocole de sécurité renforcé pour une « hestejada » raccourcie. En 2022, déjà nous avions adapté cette manifestivité culturelle, renforcé la sécurité et tout c’était bien passé, à l’image de 49 ans d’hestejada sans aucun problème.
C’est non. Non à un village vivant. Non au droit de se rassembler sans se ressembler, non à l’expérimentation. Non à la danse, au chant, à la musique, au théâtre, à la littérature, aux débats et au cinéma. Non à ce que l’on parle des forêts qui brûlent et de Gaza.
Le travail des artistes n’est pas apprécié à sa juste nécessité. Aujourd’hui pire que jamais les événements culturels doivent être touristiquement paramétrés, les œuvres doivent se vendre et les paroles se taire !
Nous sommes persuadés et convaincus que le partage de l’art, de la pensée, de la culture, de nos expériences est vital pour qu’une société nouvelle démocratique, aussi urgente que nécessaire, advienne. Nous commençons, nous continuons, nous insistons.
Comme vous y allez, Mesdames et Messieurs les élu.es de la commune d’Uzeste dans le choix de votre affirmation un tantinet autoritaire, dans votre communiqué : « Annulation du 49e festival d’Uzeste ». Si vous avez lu le programme Manifestif vous aurez pu constater qu’il s’agit d’une Hestejada de las arts -et non pas d’un festival- car par respect de l’histoire de notre monde rural nous tenons à faire perdurer nos ressources culturelles occitanes.
Vous pouvez certes interdire la tenue de la manifestivité sur le territoire public de la commune, mais il n’est pas de votre ressort de décider d’une annulation.
S’agissant de cette 49e Hestejada 2026, reconfigurée pour l’occasion, elle continuera de plus belle ailleurs… faisant ainsi honneur à sa propre histoire en Sud Gironde. Ne vous inquiétez pas pour nous !? nous saurons poursuivre ce chemin, d’aujourd’hui un demi-siècle, et nous saurons quoiqu’il arrive organiser en toute valeur artistique libre nos actions d’Éducation populaire et de création transartistique en milieu rural… notamment en regard des subventionnements publics qui leur sont allouées… économies locales qui en découlent comprises. Et colossale tristesse de devoir quitter Uzeste ! La canicule n’en finit pas de commencer !
Ce n’est qu’un début, continuons-le quand même !
Uzeste Musical
➡︎ Arrêté Vigilance Orange Feux de Forêt 04 08 2026
➡︎ 029 – arrêté interdiction occupation domaine public
Foutez-nous la paix… pas la guerre !
Le bien le bal le mien le mal les affaires à
taire et à refaire le fric le pouvoir
le racisme la connerie la belle affaire à
terre… le rêve la trêve l’amour l’amitié
la solidarité la curiosité.
Artistes en joute en route, enfance de
l’art à l’œuvre, imagination à l’abordage,
déplacement de bornes, invention sur le
pouce… rien ne nous arrête… tout nous
invite invente intente.
Ce printemps d’Uzestival d’ici d’en et
d’ailleurs nous enchante, vivant résistant
chantant pensant, pour d’ici d’encore
super jouant à jouer tout le temps… par
tous ces temps qui courent à leur perte.
Dans ce monde « marchandisant »
agonisant « terroristisant », d’urgence
jouer contre les passions tristes et la
tentation nihiliste du repli sur soi, contre
la peur de l’autre, cet inconnu en soi de
soi… place au différentiel, au vivant.
Les américains ont beaucoup de chance,
partout où ils vont pour exporter leur
démocratie, ils trouvent du pétrole.
« La tâche quasiment impossible à
résoudre est de ne se laisser abêtir, ni par
la puissance des autres ni par sa propre
impuissance » (Adorno)
Devant la violence de la misère du
monde, notre résistance réside dans le
devoir de jouer…
Les artistes d’ici d’en Cie Lubat
La manifestivité poïélitique d’occitanie océanique est dédiée :
• à notre ami Gilles Defacque,
artiste, clown , auteur metteur en scène, co-fondateur du PRATO (Théâtre International de Quartier, Pôle National Cirque à Lille)
• au cinéaste Jean-Pierre Thorn,
qui a consacré sa vie aux luttes sociales…

Géré conduit par ses artistes mêmes œuvriers musi- ciens comédiennes techniciens en Cie Lubat d’Uzeste Musical, le Théâtre Amusicien l’Estaminet, c’est quoi c’est comment, à quoi ça joue, à quoi ça rime ?
C’est un élaboratoire public de recherche transartistique, où auditeurs/spectateurs et artistisans œuvriers pratiquent cultivent une « poétique de la relation » (Édouard Glissant) s’articulant au cœur d’enchantiers de création poïélitique où il s’agit avec humour et non sans courage d’apprendre à s’y confronter s’y jouer s’y inventer s’y jardiner s’y découvrir s’y perdre s’y retrouver d’ici ainsi rien de fini ni défini, com- mencement sans fin ! Passé présent avenir -rien de trépassé dépassé, que du dépensé- tout en contraction contrat-diction conversation improvision.
D’ici d’en, ni croyance rance, ni illusion d’optique… de la pra- tique écrite orale improvisée interprétée… peu importe… de la vie à vivre qui transporte… qui emporte…
Jubilante responsabilité d’apprendre à aller voir en soi… là- bas s’y on y est… en profondeur.
Esthétique de résistance poïélitique à la désinformation té- léguidée radio-active lascive, cette démagogie participative lessive inclusive explosive !
En ces temps d’avant-guerre en guerre, rester d’avant les gardes sur ses gardes, garde à vous, garde à vue repos !
Partager ce patrimoine immatériel qu’est la création artistique dans sa singularité d’expression… tradition vieille comme le monde… « sortir de la terrible ignorance dans laquelle nous sommes les uns des autres ».
Foutons-nous la paix… pas la guerre !
B. Lubat